Une première réalisation concrère du réseau des petits lieux:
Le petit plus
un agenda en ligne et sur papier, reprenant la programmation des petits lieux, bruxellois principalement. Consultez-le sur
Et pour accéder aux sites de ces petits lieux,

A l’occasion des dix ans de la Ferme de la Dîme, une table ronde a été organisée à Wasseiges le 15 septembre 2006 sur le thème “Petits lieux de programmation culturelle: initiatives privées d’intérêt général?”

Suite à cette première table ronde qui a rassemblé de nombreux acteurs culturels, artistes et spectateurs, et à une seconde rencontre initiée par les ateliers de la Dolce Vita à Bruxelles, l’idée de créer un réseau de ces petits lieux s’impose.
Nous vous en informerons ici.
Le Soir 22-09-2006 – Laurent Ancion
Les petits lieux nous font une grosse fatigue
Ils programment du jazz à Mazy, du théâtre à Wasseiges, du cabaret à Liège, du rock sur des péniches ou des soirées littéraires en pleine campagne. En Communauté française, les petits lieux de diffusion culturelle ont une force inversement proportionnelle à leur taille : petits par leur infrastructure, grands par la passion que leur voue le public.
Après cinq, dix, vingt ans parfois de bouts de chandelle, ces petits lieux commencent à avouer leur fatigue : manque d’argent, de reconnaissance, de perspective sereine de leur avenir. A Liège, la Mezza Luna a été contrainte de fermer son petit théâtre, près de la place Saint-Lambert. Pour d’autres, ça ne va guère mieux. Tout un secteur se serre les coudes : vendredi, la Ferme de la Dîme, à Wasseiges, tenait une table ronde assez féconde. Et mardi, à Bruxelles, une opération similaire s’organisera.
Petit tour de la question avec Pascale Hers, animatrice de la Ferme de Martinrou, à Fleurus.
Qu’est-ce qu’un « petit lieu de diffusion » ?
«Petit lieu» ne veut pas dire grand-chose. C’est une expression choisie par le ministère, à défaut de mieux. Nos activités sont très différentes, tant en termes de disciplines (musique, théâtre, etc.) que de taille de la salle (de 60 à 250 places) et de poids de la programmation (un spectacle par semaine ou une activité tous les jours).
Ce qui nous réunit, c’est que tous ces lieux sont nés d’une initiative privée. Soit des artistes ont voulu diffuser leur travail et accueillir d’autres créateurs, soit des passionnés d’art ont décidé de consacrer leur énergie à l’animation d’un lieu, sans être artistes eux-mêmes. Tous ont choisi un lieu dont, le plus souvent, ils étaient tombés amoureux – une ferme, une péniche, une cave.
Quelle est la raison de votre prise de parole commune ?
L’animation de ces lieux demande une énergie folle, que l’on ne soupçonnait pas toujours en les ouvrant. Au fil des années, à force de débrouillardise et de passion, on a tenu bon. Mais la fatigue commence à fragiliser la plupart d’entre nous. Au bout de cinq, dix, quinze ans, ou parfois plus, les gens qui ont fait tout ce travail avec passion s’épuisent, parce qu’ils font face à des exigences lourdes : normes des pompiers, droits d’auteurs, cachets des artistes, entre autres. Ces exigences vont de soi. Mais les animateurs, souvent bénévoles ou assimilés, finissent par se dire qu’ils auraient droit à un salaire. Et ils ne peuvent pas se payer.
Cet art de la débrouille n’est-il pas précieux pour le public ?
Si, bien sûr. Tous ces petits lieux ont compensé ce devoir de bricoler par la qualité d’accueil. On a tous beaucoup investi dans l’humain : la chaleur et la proximité nous distinguent. Cet esprit a touché le public et fidélisé les artistes. A Martinrou, la salle est toujours pleine. Et les artistes sont heureux de venir jouer chez nous. L’intimité entre la scène et la salle est déterminante.
Vu l’utilité des petits lieux, comment dépasser la fatigue, éviter les fermetures ?
On a tous été naïfs. On s’est lancé dans l’aventure en se disant que la reconnaissance des pouvoirs publics viendrait d’elle-même, face au succès. Mais comme nos lieux marchent bien, les autorités se disent que nous n’avons pas besoin d’aide !
Nous avons besoin de reconnaissance autant financière que morale. Le public est bien sûr notre principale récompense. Sans lui, nous aurions tous abandonné depuis longtemps. Nous voulons unir nos forces pour obtenir une même reconnaissance auprès du ministère, sous forme d’un décret par exemple, comme il en existe pour les centres culturels ou les théâtres.

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