Porche de la ferme

En 1993, à la recherche d’un port d’attache, la compagnie Transhumance découvre une ancienne ferme en carré à Wasseiges.
La grange est immense et superbe, et nous nous prenons à rêver : le lieu se prêterait si bien à accueillir des spectacles…

Alors, nous nous lançons dans l’aventure de le transformer en salle de spectacles, avec très peu de moyens financiers et … beaucoup d’huile de bras.

En septembre 96, c’est l’inauguration. Et depuis, la Ferme de la Dîme propose sa programmation Saison en Transhumance


Ce qu’en dit la presse

“Le Petit Plus” janvier 2007 – Céline Lansman

La Ferme de la Dîme: “Partager nos coups de coeur artistiques!”

Après des parcours différents, les routes de Benoît Postic et Catherine Blanjean se rejoignent au début des années 80 et les deux artistes participent notamment ensemble à la fondation des Baladins du Miroir. Le concept est simple: vivre en communauté, dormir dans des roulottes, et, surtout, aller à la rencontre du public afin de rendre le théâtre plus accessible. Après six ans de cette expérience foraine et un bref moment où ils arrêtent de monter sur les planches, leur passion reprend le dessus et, en 1988, ils créent la compagnie Transhumance qui s’adresse principalement au jeune public.

En 1993, la compagnie se fixe dans une ancienne ferme à Wasseiges, au coeur de la Hesbaye. Le lieu comprend une immense grange qui se prêterait bien à accueillir des spectacles… et l’équipe retrousse ses manches pour concrétiser l’idée. Depuis l’inauguration en 1996, la Ferme de la Dîme propose chaque année sa “Saison en Transhumance”. “Notre programmation, c’est du théâtre, et notamment pour le jeune public – on a commencé par là car c’est un domaine que l’on connaissait bien -, mais aussi de la musique, de la chanson française au jazz en passant par les musiques du monde. En fait, notre programmation est définie en fonction de coups de coeur artistiques que l’on a envie de partager avec le public de la région”. Et quand Catherine Blanjean, la coordinatrice du lieu, parle de la région, il s’agit déjà d’un large territoire puisque la Ferme de la Dîme draine aujourd’hui des spectateurs dans un rayon de 25 km. La Ferme de la Dîme ne souffre donc pas d’un problème de fréquentation. La formule du dîner-spectacle fonctionne très bien. “Certains disent qu’il y a pléthore de petits lieux et qu’on ne peut pas tous les subventionner. Pourtant, quand on voit que, dans notre région, ces lieux sont bondés, c’est qu’il n’y en a pas assez.”

Mais de telles structures sont difficiles à porter et rien n’est prévu pour les soutenir. C’est quand ils voient le bonheur des spectateurs et des artistes que les fondateurs de la Ferme de la Dîme se disent qu’ils ne peuvent pas arrêter. “Tous les petits lieux ne connaissent pas les mêmes problèmes. Mais ce qui nous est commun, c’est que les quelques aides accordées sont aléatoires, insuffisantes et proviennent de services très divers (musique non classique, diffusion, éducation permanente…) et non coordonnés. Les différents pouvoirs publics se renvoient la balle”. L’audience qui leur est faite dans les médias nationaux est quasi nulle également; seuls les médias spécialisés ou locaux leur font en général écho. L’idée de créer un réseau s’est donc progressivement imposée et, à l’occasion de ses dix ans, la Ferme de la Dîme a organisé une table ronde sur le sujet, lançant ainsi la dynamique. Et tandis qu’ils oeuvrent à faire reconnaître les “petits lieux” dans le paysage culturel, les deux artistes pluridisciplinaires n’en oublient pas pour autant leur autre casquette.

La compagnie Transhumance propose un nouveau spectacle tous les trois ans environ, et le temps est maintenant venu pour “Charlie et les djivoo djinn poo” de céder sa place à “Tour de cochon” dans l’univers de la création jeune public.


“La Libre Belgique BW” 11-09-06 – Gaëtane Reginster

La Ferme de la Dîme fête ses dix ans

Le lieu réhabilité par la Compagnie Transhumance accueille quelques-uns de ses habitués. Un concert coloré réunira Marlène Dorcéna, Aurélie Dorzée, Didier Laloy, Fred Malempré, Luc Pilartz…
A découvrir samedi.

Une petite ferme en carré au coeur de la Hesbaye, au point de rencontre des Provinces de Namur, Liège et du Brabant Wallon, à quelques encablures d’Eghezée et de Hannut. Le lieu ne brandit pas son ambition comme un étendard. C’est une fois le joli jardin de Benoît Postic et Catherine Blanjean traversé que l’on découvre l’immense grange qui les a tant fait rêver voici 13 ans.

A la recherche d’un port d’attache pour leur compagnie de théâtre jeune public et pour leur famille, ces deux anciens Baladins du Miroir se mettent à rêver. Magnifique, la grange constituerait un lieu de répétition idéal pour Transhumance. Avec l’aide d’un ami, ils décident de foncer. «Nos crises d’adolescence par rapport à l’habitat communautaire étaient derrière nous, nous y avons cru!».

Trois ans plus tard, le temps et l’huile de bras remplaçant les moyens financiers, la grange est rénovée et en septembre 96, inaugurée. Depuis, la Ferme de la Dîme propose sa programmation culturelle, «Saison en Transhumance». Une formule qui rassemble des repas-concerts et des spectacles familiaux, en plus d’une programmation destinée aux écoles de la région.

«Il n’y avait rien dans le village et la région est peu subventionnée au niveau culturel», explique Benoît Postic. «Le lieu s’est peu à peu inséré dans le tissu social jusqu’à y mener le travail d’un petit centre culturel».

Un lieu qui botte

Reconnu comme programmateur, la Ferme de la Dîme reçoit un subside de fonctionnement de 14 000 euros et dispose d’un quota Art & Vie tandis que la Compagnie Transhumance perçoit un subside de 30 000 euros par an pour créer ses spectacles. Une nouvelle création aura lieu cet automne qui fera suite au réputé «Charlie et les Djivoo Djinn Poo».

«Bien sûr, personne ne nous obligeait à retrousser nos manches et à porter cette double casquette qui nous oblige à être au four et au moulin», poursuit Catherine Blanjean. «La Ferme de la Dîme est arrivée dans un vide culturel et elle tient parce qu’elle a une raison d’être. Nous pourrions doubler nos propositions, le public suivrait. Mais la culture n’est pas rentable, il nous faut une aide publique. Nous sommes aujourd’hui victimes de notre succès».

Il est vrai que les lieux conviviaux et chaleureux ne courent pas les villes et encore moins les champs! Les artistes qui s’y produisent ne s’y trompent pas non plus. Ils sont nombreux à avoir soutenu le projet et à vouloir venir souffler les 10 premières bougies ce samedi. Philippe Anciaux, Pascal Chardome, Olivier Darimont, Marlène Dorcena, Aurélie Dorzée, Alexandre Furnelle, Nicolas Hauzeur, Didier Laloy, Fred Malempré, Luc Pilartz, Daniel Stockart, Arne Van Dongen et Bernard Zonderman monteront sur scène à partir de 20h30 pour un concert inédit. Avant cela, dès 18 h, les plus jeunes auront pu s’essayer à la danse Gumboot, danse en… bottes en caoutchouc originaire des mines d’Afrique du Sud.

La Ferme de la Dîme est implantée dans un milieu rural, elle l’assume avec gaieté. Son art, c’est d’amener tout l’art à la campagne.


“Le jour Huy Waremme” – 18 septembre 2006 – A-C D.

Wasseiges : 15 artistes pour les 10 ans

Trio Trad, Violon de Suède, Violon populaire de Wallonie, et bien d’autres encore. Tous sont passés un jour ou l’autre par la Ferme de la Dîme. Et ils reviennent fêter son anniversaire en musique et en chansons. Ils sont tous belges. Car ici, on travaille beaucoup avec des artistes de la Communauté Française, sans oublier les artistes du coin.

Les 10 ans de la Ferme de la Dîme ce samedi, ou la recette du succès d’un anniversaire. Tout d’abord, trouver un lieu quelque peu magique, pour susciter une ambiance chaleureuse. Par exemple, une grange réaffectée en salle de spectacle, comme ici, à Wasseiges. Un espace qui accueille groupes musicaux et troupes de théâtre depuis 10 ans et capable de recevoir plusieurs centaines de spectateurs.
Ensuite, inviter bon nombre de ces artistes. Des groupes au grand complet ou non. Histoire de favoriser l’improvisation, et pimenter la soirée. «Certains ont l’habitude de jouer ensemble. Mais pour d’autres, c’est une première fois, précise Catherine Blanjean, propriétaire du lieu et organisatrice. Rien n’est «préprogrammé». Le résultat, c’est une surprise pour tout le monde, y compris pour les artistes. C’est ça, la magie de la Ferme de la Dîme !»
Sur scène, une quinzaine de musiciens se relaient. Les groupes se forment et se déforment au gré des envies, et interprètent leurs chansons ou celles des autres. Un concert «patchwork», comme on dit là-bas… Quant aux comédiens, ils sont bien présents, mais pas sous les feux des projecteurs. Ils apportent leur pierre à l’édifice, en s’occupant du bar ou de la sécurité.
Et enfin, pour compléter le tableau, un public venu en nombre. Car pas question pour les fidèles de manquer un tel événement. Fans de jazz, de musique du monde ou traditionnelle sont réunis pour un même concert. Un melting-pot de tout ce qu’on peut écouter habituellement à la Ferme de la Dîme.
L’ingrédient secret : cet anniversaire ne serait rien sans les organisateurs. Un couple, Catherine et Benoît, un régisseur et une bande impressionnante de bénévoles.


“La Meuse Huy-Waremme” 18-09-2006 – Didier De Hoe

Le 14 septembre 1996, Catherine Blanjean et Benoît Postic inauguraient leur salle de specacles, entourés de plus de 400 sympathisants. Ce week-end, ils ont été encore plus nombreux pour fêter le dixième anniversaire de la Ferme de la Dîme.

Voilà treize ans que Catherine et Benoît Postic se sont installés à Wasseiges. Ayant acquis une ferme en co-propriété, les deux comédiens décident alors d’en transformer la grange en salle de répétitions. «Nos enfants n’avaient pas accès au théâtre à l’école, se souviennent-ils. Les centres culturels, cela n’existait pas dans la région. L’idée est alors née de proposer occasionnellement des spectacles scolaires.» En septembre 1996, la salle accueille ses premiers spectateurs. Fort de l’intérêt manifesté par les visiteurs, une programmation régulière se met en place. Tous les spectacles proposés sont préalablement visionnés par les deux comédiens wasseigeois.
Dix ans plus tard, le Ferme de la Dîme affiche complet à chacune de ses organisations. Ce week-end, une quinzaine d’artistes ont offert plusieurs heures de concerts à Catherine, Benoît et à leur public. Un débat a également eu lieu à propos de la survie de petits lieux culturels comme celui-ci. Pour ce qui est du bilan de dix ans passés à Wasseiges, les propriétaires de la Dîme semblent comblés par le public et les artistes qu’ils accueillent régulièrement. _«Le gros souci reste un problème de statut,_nuancent Catherine et Benoît Postic. En dix ans, les choses ont peu évolué : la culture manque toujours de moyens.”


“Le Jour Huy Waremme” – 21 septembre 2006 – Chantal Trinteler

La Ferme de la Dîme a fait la fête en musique et débattu en présence d’acteurs de la vie culturelle et d’artistes.

C’était certes la fête à la Ferme de la Dîme pour les 10 ans d’existence de ce merveilleux petit lieu de programmation culturelle situé en Hesbaye à la limite des 3 provinces de Liège, Namur et du Brabant. Une fête tout en musique et qui a vu le samedi se réunir tous les artistes qui s’y sont produits, chanteurs et comédiens. Cependant l’éternelle ombre au tableau était-elle aussi bien présente et fut débattue lors de la table ronde organisée le vendredi en soirée sous le thème : « Les petits lieux de programmation culturelle : initiatives privées d’intérêt général ».
Le public, des acteurs professionnels ou non de la vie culturelle (Centre culturel de Huy et Amay) ainsi que des artistes étaient très nombreux pour croiser leurs avis et expériences de même que Frédéric Young, Délégué général pour la Belgique de la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques). Très attendue aussi la représentation de la ministre de la culture en communauté française, Fadila Laanan, en la personne de Pol Marshal, conseiller en art de la scène qui fut très interpellé...
Assis à la table Pirly Zurstrassen, musicien évoquait la difficulté des artistes. «J’ai vu des petits lieux de programmation qui ont mis la clé sous le paillasson, mais il faut aussi parler de la vie des artistes, on doit aussi trouver des moyens. En musique, nous sommes parfois plus pauvres qu’en art théâtral. De telles tables rondes peuvent ouvrir des synergies.»
Pour Pol Marschal, il est nécessaire d’établir «des dynamiques entre les petits centres, mais aussi entre les pouvoirs publics locaux. Il faut que plusieurs acteurs s’investissent dans ds mêmes projets. Nous avons à gérer environ 700 petits lieux de diffusion. Nous aidons surtout au niveau de la diffusion. Ainsi pour la Ferme de la Dîme cela se chiffre à 4400 € et une aide de fonctionnement de 14000 € annuellement.»
Lors de cette soirée, le public avait aussi son mot à dire et les cris du cœur étaient tous les mêmes : «La différence dans les petits lieux : ils ont une programmation de qualité avec en plus la convivialité, une qualité d’accueil du public et des artistes.»


“La Meuse HW”, le 20 décembre 2003 p.9 – Didier de Hoe

La Ferme de la Dîme respire un peu.
Un double subside communautaire permet d’envisager la suite de la programmation

Dans une précédente édition de La Meuse a été présentée la situation financière difficile de la Ferme de la Dîme de Wasseiges mais aussi de la compagnie Transhumance qui continue de développer ses activités dans ce lieu.
Par manque de moyens, ce lieu pourtant de qualité culturelle exceptionnelle se trouvait au bord de l’étouffement.
S’il n’était pas question de faillite, notamment grâce à une gestion saine et transparente de leur activité, Catherine Blanjean et Benoît Postic ont dû renoncer aux spectacles scolaires qui leur étaient pourtant chers.
Le ministre Daniel Ducarme (MR), qui a les arts dans ses attributions communautaires, vient toutefois d’annoncer l’octroi de subsides exceptionnels au “petit lieu de diffusion” que constitue la Ferme de la Dîme. (...)

Remis au point de départ
” Cette aide nous permet de ne pas prendre la décision de cesser notre activité cette année, confie Catherine.
Nous avions des programmations jusqu’en avril prochain, mais nous ignorions tout de la suite. Nous voilà, en quelque sorte, remis au point de départ.
Et il est vrai que, chaque année, nous sommes angoissées en nous demandant si nous recevrons les quelques “rawettes” qui nous permettront de garder la tête hors de l’eau.”
Le couple de comédiens wasseigeois espère maintenant pouvoir travailler à une convention à conclure avec les pouvoirs publics, histoire de garantir une certaine stabilité au lieu et au personnel qui y travaille

Programmation tout public
Préférant la reconnaissance comme petit lieu de diffusion à celle de centre culturel, Catherine et Benoît tiennent par ailleurs à conserver les spécificités de leur concept.
Un concept qui marie admirablement la programmation de spectacles tout public hautement professionnels et une convivialité inégalée dans l’ancienne grange de la Dîme wasseigeoise.

Vers l’Avenir 29-10-2003 – Benjamin. Brone

Ferme de la Dîme: la clé sous la porte?

La Communauté Française n’accorderait plus de budget à la Ferme de la Dîme. Pourtant le concept du théâtre à la ferme fonctionne bien.
Le théâtre à la ferme, il fallait y penser! Et ils y ont pensé, ces deux comédiens non-conformistes. Il y a sept ans, ils rachètent, à Wasseiges, une vieille ferme pratiquement à l’état d’abandon et ils la restaurent avec les moyens du bord. Directement, ils se démarquent des autres par leur programmation, et surtout, par leur philosophie. Ils s’investissent à coeur perdu dans cette aventure pour en faire ce qu’elle est: une référence. Malgré tout, il leur manque toujours une chose: de l’argent! Ils ont le succès, la notoriété, mais pas le nerf de la guerre, en tout cas pas en suffisance.
Aujourd’hui, ils sont inquiets, Catherine Blanjean et Benoît Postic, les gestionnaires de la Ferme de la Dîme. Cette année, à nouveau, ils se retrouvent face à des difficultés financières importantes, et ça commence vraiment à bien faire. Tous deux sont scandalisés par le manque de moyens débloqués par les pouvoirs publics afin de soutenir leur travail. (...) La Ferme culturelle a reçu en 2000 et 2001, un budget de fonctionnement de la Communauté Française de 300.000 anciens francs. Insuffisant puisqu’ils perdent en moyenne 600 euros sur chaque spectacle organisé.
Cette année, il semblerait qu’ils ne bénéficient plus d’aucun budget communautaire… “Nous ne recevons plus de réponse du cabinet Ducarme.”(...) Du côté communal, on reçoit 50€ par an! explique Benoît Postic. La dernière fois, j’ai dit à Joseph Haquin, le bourgmestre, de les garder, tellement c’est ridicule!”
Et pourtant, difficile de dire que le concept ne marche pas: la salle est comble à chaque spectacle, le public est fidèle et assidu. Mais voilà: pas facile de gagner de l’argent sur des représentations théâtrales ou musicales. Sans compter que le but de Catherine et Benoît n’est pas d’organiser des spectacles prestigieux mais de permettre à des personnes de faire des découvertes en proposant toujours un prix d’entrée démocratique. Presque une mission habituellement prise en charge par des institutions publiques, mais sans les moyens auxquelles celles-ci ont droit.
C’est en 1996 que l’aventure a débuté pour ces deux passionnés de culture. “Nous voulions répondre à un manque: on s’est rapidement rendu compte que la demande était bien présente ainsi que le public.”
Suite à un travail acharné, la Ferme de la Dîme est ainsi devenue un lieu incontournable dans le monde du spectacle. Certains groupes (...) ont choisi d’y présenter la sortie de leur album. Les spectacles qui y sont joués ont également tourné dans des lieux culturels de très grande envergure comme Huy ou le théâtre de Namur. Parfois, c’est à Wasseiges que les artistes rencontrent le plus grand succès. Et de l’avis des habitués, c’est un lieu différent. A chaque spectacle, il se passe quelque chose, quelque chose de vrai. Sans doute pour cela que ça fonctionne. Avec cette formule, Benoît et Catherine ont marqué un coup de génie. (...)

Extrait de Traverses 174 – avril 2003 – Virginie Gofflot

Le Théâtre à la ferme

(...) En 1993, à la recherche d’un point d’attache, le couple découvre une ancienne ferme dans le village de Wasseiges. Sa grange est superbe. Ils l’achètent et la retapent avec très peu de moyens. Le lieu accueille plusieurs familles qui y vivent en habitat groupé. En septembre 1996, c’est l’inauguration. Les invités sont au nombre de 400. Le succès est au rendez-vous. “La région manquait d’espace culturel. Nous avons décidé d’aménager la grange afin de faire vivre la région culturellement. A l’époque, les centres culturels d’Eghezée et de Hannut n’existaient pas. Nous aurions aimé collaborer avec le centre culturel de Huy, mais comme nous ne faisions pas partie du même arrondissement, c’était administrativement impossible. La Communauté Française nous a quand même accordé le statut d’organisateur Art et Vie.”
Depuis lors, la Ferme de la Dîme accueille un public grandissant. “Notre offre est celle d’un service public, explique Benoît Postic. Le plus, c’est l’ambiance, les lieux, la convivialité des spectacles. Notre objectif est de réconcilier les gens avec la culture, d’attirer un public novice, séduit par la proximité des acteurs. Des artistes avec lesquels ils peuvent parler après le spectacle. C’est toute notre particularité.”
Les représentations à la Ferme ont lieu une ou deux fois par mois et sont assez éclectiques: musique du monde, classique, baroque, jazz, théâtre jeune public, spectacles de clowns, pièce de théâtre pour adultes… Ajoutons que la formule “dîner-spectacle”, à prix léger, séduit pas mal de personnes. Outre ces programmations, la Ferme collabore également avec les centres culturels d’Eghezée et de Hannut et accueille ainsi certains spectacles d’académies, des troupes de théâtre amateur, des chanteurs…
” (...) Nous essayons , en vain jusqu’à présent, d’obtenir plus de subsides pour nos activités mais nous sommes une structure atypique dans le paysage culturel de la Communauté Française (...)”
Il est vrai que si cette initiative multiforme n’est pas toujours facile à ranger dans les bons “tiroirs de subsidiation”, il serait peut-être temps que la Ferme de la Dîme bénéficie d’un soutien public plus clair, plus élevé et pluriannuel.
Une aide, plus que bienvenue pour les trois personnes à temps plein, les appoints en ALE, les villageois, les bénévoles et les dizaines de sympathisants à ce projet culturel qui se démènent sans compter.

Vers l’Avenir le 31-05-2002 – Jean-Louis TASIAUX

L’oasis culturelle de Hesbaye

De l’avis des professionnels comme du public, la ferme de la Dîme fait figure de lieu culturel d’exception. Itinéraire de deux passionnés.
Avec la quatrième édition du festival Bonjour l’Afrique, la ferme de la Dîme, à Wasseiges, clôture sa cinquième saison en tant qu’espace culturel.
Dès le début de l’aventure en septembre, 1996, le succès a été au rendez-vous grâce au zèle déployé par Catherine Blanjean et Benoît Postic. Malgré des moyens limités, ils ont réussi à y faire naître une oasis culturelle. « Justement, c’était ici qu’il fallait le faire, explique Benoît POSTIC. C’était un véritable désert culturel. Les centres culturels d’Eghezée et de Hannut n’existaient pas encore et nous étions entourés de petites communes qui n’avaient pas vraiment les moyens de se doter d’une politique culturelle…… »
Et pourtant, à l’origine, le couple de comédiens s’est installé à Wasseiges sans projet précis. « On cherchait avant tout un lieu pour notre famille….(NDLR : le couple a aujourd’hui trois enfants). On voulait de l’espace pour ranger les décors de Transhumance, la compagnie théâtrale que nous avions créée en 1988. L’idéal était aussi d’avoir un lieu pour les répétitions….. ».
En gros pull et en chaussettes
En fin de compte, c’est par hasard à Wasseiges que les deux amoureux du théâtre ont trouvé une superbe ferme en carré avec une grange de 450 m_, datant du XVIIème siècle.
Après quelques années, le couple se met à rêver à aménager la grange en salle de spectacle. Avec quelques connaissances, beaucoup d’huile de bras et une volonté à déplacer les montagnes, le rêve devient réalité. « On a préparé la chape de béton à la brouette. Le toit a dû être démonté pour l’insonorisation…. ». L’inauguration officielle a lieu en septembre 1996 dans la grange à peine terminée. « Au début, on prévenait les spectateurs pour qu’ils viennent avec un gros pull et une paire de chaussettes supplémentaires », se souvient Benoît avec amusement.
Rapidement, les comédiens se rendent compte que leur grange pourrait accueillir d’autres
spectacles que ceux de Transhumance. La ferme ouvre ses portes à d’autres formes
théâtrales ou musicales. Le bouche-à-oreille fonctionne bien tant du côté du public que chez
les professionnels. « On ne pensait pas que la diffusion allait prendre une telle importance.
On croyait que ça resterait accessoire par rapport à notre travail de comédien au sein de notre compagnie. Mais maintenant, on ne fait plus vraiment de différence. C’est un tout. On ressent encore le besoin d’écrire et de présenter nos propres spectacles mais le fait d’inviter d’autres artistes est aussi important. C’est très nourrissant et ça nous permet de rester à l’écoute des autres….. »
Convivial
En 2000, les spectacles ont drainé 2.200 personnes. L’année suivante, elles étaient 3.376 à avoir assisté à un spectacle à la ferme de la Dîme. Pour cette année, le chiffre des fréquentations devrait encore être plus important.
Toutefois, afin de ne pas céder à la dérive commerciale qui gâcherait la convivialité du lieu, les comédiens organisateurs savent garder les pieds sur terre. « Pendant la saison, on essaye de se limiter à deux spectacles par mois », explique Catherine Blanjean.
Dîners-spectacle
Outre l’acoustique de la salle et la qualité des spectacles proposés, ce qui séduit le public, c’est aussi la formule des dîner-spectacles. Bon d’accord, ce n’est pas de la grande cuisine car aussi ici c’est la débrouillardise. « On fait la cuisine nous-mêmes. A chaque fois, on essaye d’adapter le menu en fonction du spectacle. On ne va pas faire du waterzoi avec des chants russes… »
Au four et au moulin, Catherine et Benoît peuvent heureusement compter sur des aides bénévoles. Chaque soir de spectacle, ils sont ainsi une petite dizaine, dont plusieurs jeunes du village, à venir partager la magie de la Dîme.

Sud Huy-Waremme 5-6-2001 – Muriel SPARMON

Tout de l’Afrique, sauf le soleil ….

Ambiance décontractée, groupes géniaux, plats typiques,... il ne manquait presque rien. Juste quelques degrés de plus.
Quelle poisse de temps ! Wasseiges, une nouvelle fois, grâce à la ferme de la Dîme, a vécu aux rythmes de l’Afrique. Pour cette 3ème édition, le programme était copieux et varié. Un rayon de soleil aurait cependant encore donné une autre dimension à la fête.
Il y a un peu plus de six ans, Catherine Blanjean et Benoît Postic achetaient la ferme de la rue Baron d’Obin. D’emblée, le jeune couple, plutôt sympa et dynamique, avait envie de faire de l’endroit un lieu culturel. Un lieu d’animation dans le petit village hesbignon. Sous forme d’ASBL, Transhumance multipliait les projets. Dans une salle aménagée, l’association s’engageait vite à organiser une série de concerts; toujours très appréciés.
” Mais l’idée d’un festival sur le thème de l’Afrique ne vient pas de nous. Des liégeois, aujourd’hui nos amis, venaient en fait souvent aux concerts. Ils nous ont proposé l’idée d’une journée dédiée à ce continent. Et nous avons donc marché dans le projet d’Olivier, Sylvie et Gilles Garnier” raconte Catherine Blanjean
Pourquoi l’Afrique ? Nous sommes attirés naturellement vers ce pays. Chaleur humaine, beauté, difficile à expliquer”
Depuis 3 ans, la formule reste la même car elle semble efficace: des activités pour tout public. Ainsi, dans l’après midi, les enfants ont pu se faire maquiller, les petites filles ont porté de grandes tresses, les jeunes amateurs ont été initiés aux djembés, aux danses. Dans les stands, les ONG (Amnesty Internationnal ou SOS Faim) ont présenté leurs activités. Tout ce qui concernait l’Afrique était encore représenté par les bijoux, les vêtements, les masques, les instruments de musique…. de vrais souks. Côté gastronomie, l’apéro à base de rhum donnait déjà envie de voyage. Et l’on pouvait encore se pourlécher les babines en dégustant le Yassa ou le Maffe, spécialités à base de poulet.
Et bien sûr au menu : des concerts et des concerts.
Pourquoi l’Afrique ? Nous sommes attirés naturellement vers ce continent. Chaleur humaine, beauté, difficile à expliquer. Nous tentons donc de faire partager notre passion. Depuis 3 ans, on n’y réussit pas mal. L’année dernière, nous comptions 1000 personnes. Malheureusement, un peu moins cette année. C’est vrai le temps est désolant ! Jusqu’à présent nous rentrons dans nos frais. Nous avons envie de poursuivre au vu de l’enthousiasme du public. Et puis à long terme, notre souhait serait de faire des bénéfices pour monter un projet pour l’Afrique” explique Sylvie Garnier.
Ici, je me sens chez moi !

En soirée l’ambiance est encore montée d’un cran. Toute une chouette atmosphère pour découvrir la voix de Marlène Dorcena. La jolie chanteuse fait partager son expérience, veut mélanger les cultures. L’heure est à la fête. Présent également, Gomma Percussions. Bien connus à Liège, Denis et Jean-Luc sont les membres fondateurs de cette formation qui vient de fêter ses 20 ans. Emmenant ses enfants, Denis était déjà à Wasseiges en début d’après-midi bien qu’il ne chantait qu’à 22 heures :”J’étais déjà venu l’année dernière mais en spectateur. Et nous n’avons pas hésité à répondre à l’appel cette année. Wasseiges , c’est toute une ambiance. Ce n’est pas un concert traditionnel. Le public est très varié, les gens ne viennent pas uniquement pour voir le concert de Gomma Percussions, ils veulent découvrir, s’imbiber de la chaleur du pays” commente Denis. Gomma Percussion,s était déjà là pour l’inauguration de la Ferme de la Dîme: “J’ai l’impression qu’ici, c’est une grande famille, je me sens chez moi. Les gens sont supers, le cadre idéal. Il devrait y avoir plus de projets dans ce genre”.
Pari tenu, on a dansé, on a bougé à Wasseiges. De quoi ravir les organisateurs : “Oui, tout était bien, on aurait voulu un peu plus de monde. Je me demande si on ne devrait pas changer la date. On fait cela le premier week-end de juin. La première année il avait plu beaucoup. L’année dernière, très chaud l’après-midi mais avec un violent orage en début de soirée. Cette fois, il fait froid. Vraiment pas de chance. Oui, il faudrait peut-être penser à modifier la date” conclut avec un large sourire Catherine Blanjean.

Sud Huy-Waremme 5-6-2001 – M.SP

La plus fidèle, c’est Suzy !

Bien installée dans son fauteuil pliant, Suzy écoute attentivement les concerts. Agée de 76 ans, la dame de Wasseiges est une fidèle des spectacles organisés par la Ferme de la Dîme. D’ailleurs, elle participe à chaque activité et, depuis l’ouverture de la ferme, elle n’a raté qu’une seule manifestation.
Certes, elle ne connaît pas tous les noms des groupes ni même leurs styles exacts, mais ce qui compte c’est l’ambiance. L’Afrique, Suzy Godineau adore. Elle y a vécu. Samedi, en fin d’après-midi, accompagnée de ses voisins, elle écoutait le son des percussions : “Oh, je suis là pour un bout de temps. Pas toute la nuit quand même. Mais je vais quand même écouter quelques concerts” expliquait-elle. Car ouvrir les portes à la culture dans son petit village de Wasseiges, Suzy trouve que c’est une idée géniale : “Et moi, je veux encourager les jeunes qui montent ce projet. C’est fantastique. Allons donc, il faut voir d’autres chose, non ? Moi, je suis finalement très triste de constater que peu d’habitants de la commune se déplacent” Et après, on dira encore qu’il ne se passe jamais rien à Wasseiges…...
Bref, Suzy a envie de dire aux organisateurs qu’elle compte encore sur eux pour la distraire de nombreuses années. Car Suzy aime les week-ends chargés. Après les concerts le samedi à la Ferme de la Dîme, le dimanche, elle devient encore une fervente supporter du club de football local où elle encourage énergiquement son petit-fils !

Vers l’Avenir 10 avril 200 – Didier DE HOE

Avenir compromis à la Dîme ?

Dernier à avoir foulé les planches de la Dîme, le Théâtre du Copeau a failli ne pas venir. En cause : des subsides communautaires qui tardent ….
La Ferme de la Dîme à Wasseiges a été rachetée, il y a quelques années, par Catherine Blanjean et Benoît Postic, de la compagnie théâtrale Transhumance Sans attendre, les deux comédiens professionnels ont transformé la grange en salle de spectacle.
Depuis de nombreuses compagnies s’y sont déjà produites.
Les propriétaires de la Dîme ont ainsi partage leurs coups de coeur et proposé un lieu culturel qui rayonne sur toute la région depuis 1996.
Cette ferme du XVIIème siècle, jadis utilisée à la récolte de l’impôt a donc trouvé sa nouvelle vocation culturelle.
Mais au-delà des spectacles en soirée ou en week-end, le couple Postic-Blanjean s’est lancé dans les représentations scolaires. Cette année, les plus jeunes ont ainsi pu assister à
” Entre’oeufs” par le théâtre du Leviathan, les plus grands ayant accueilli avec intérêt le théâtre Maât et son spectacle “Pourquoi pas fou?”
Et il y a quelques jours, quelque deux cents enfants de 6 à 12 ans, venus de communes et villages voisins ont débarqué à la Dîme pour une représentation de “Coupons-les-Ponts” par le théâtre du Copeau.
L’enveloppe est vide !
Faire découvrir les productions des troupes de théâtre jeune public de la Communauté Française est l’objectif essentiel que poursuivent Catherine et Benoît
Mais sans l’aide des subsides, impossible de pratiquer des prix raisonnables, explique Catherine Blanjean.
” Cette année, les représentations ont failli ne pas avoir lieu. En effet, pour maintenir un prix démocratique à ces spectacles (120 F par enfant) le projet bénéficiait les années précédentes d’une subvention de la Communauté Française dans le cadre du théâtre à l’école. En début mars, l’enveloppe 2000 de ce secteur était déjà épuisée. Impossible, sans ces interventions, de payer le cachet des compagnies. Il a fallu faire des pieds et des mains, passer des heures au téléphone, envoyer d’innombrables courriers pour convaincre l’administration de trouver un petit fond de tiroir et sauver ainsi le projet pour cette année …”

Vers l’Avenir 8 octobre 98 – Michel VOITURIER

La troupe “Transhumance” est au service du jeune public

Installée à la Ferme de la Dîme, cette troupe professionnelle monte des spectacles pour enfants et surtout promotionne la culture en milieu rural…
Catherine Blanjean et Benoît Postic sont les deux fondateurs animateurs de cette action. Leurs activités sont multiples et toutes au service du théâtre.
Depuis 1988, la Cie Transhumance a conçu et réalisé de nombreuses pièces. La première, Un trapèze pour deux, abordait le problème du grand âge. Chambre rebelle confrontait les parents à l’imaginaire ludique de leurs rejetons.
Attention fragile envisageait avec tendresse les relations entre frère et soeur à l’occasion de la difficulté de se réapproprier un territoire après le déménagement de la famille. L’an dernier ce fut l’Epouvantail, conte poétique autour d’un jardin et de ses occupants.
Après leur installation à la Ferme de la Dîme, voici maintenant cinq années, Catherine Blanjean et Benoît Postic se rendent compte à quel point la région de Wasseiges, Hannut et Waremme est défavorisée en salles de spectacles susceptibles d’accueillir des représentations de qualité.
Quant au circuit , il est quasi inconnu. Leur tâche a donc consisté en premier lieu à proposer des représentations scolaires du côté de Braives, Burdinnes, Ciplet, Eghezée, Fernelmont…. Ensuite, ils ont ouvert une salle susceptible de recevoir 200 personnes.
Un bulletin périodique fait le lien entre le centre d’animation et le public sous le nom de “Saison en Transhumance”. Il annonce les manifestations, les projets, les réalisations. Il invitera bientôt les amateurs à venir écouter le groupe “Panta Rhei” qui, autour de Steve Houben, joue des musiques folkloriques revisitées par la musique moderne. Un groupe d’une complicité surprenante et contagieuse à voir le vendredi 2 octobre prochain.

La Meuse 20.09.96 – Xavier Lambertz

THEÂTRE WASSEIGES

Un nouvel espace culturel dans une ferme, sous le ciel de Hesbaye
Une compagnie théâtrale a planté sa scène dans une grange. Original !
Une ferme avec sa cour pavée et sa vaste grange. C’est là que la compagnie “Transhumance” s’est arrêtée depuis trois ans… et que lui est venue l’idée de restaurer la grange.
Ils sont amoureux : amoureux du théâtre et amoureux tout court. Après un long périple qui les a conduits en maintes régions du pays, Catherine Blanjean, Benoît Postic et leurs trois enfants – Marie, François et Emile – ont posé leurs bagages dans une ferme délaissée de Wasseiges. Avec son tas de fumier et malgré son état misérable, elle leur plaisait. “Le projet était fou au départ, raconte Catherine,mais tellement fou qu’on y a cru. Après trois ans de travaux interminables, cette ferme rajeunie et transformée est aujourd’hui prête à accueillir la première saison”. Et le regard de Catherine de pétiller à ces mots.
La Compagnie “Transhumance” a été créée par le couple en 1988. Elle a déjà à son actif quatre spectacles, spécialement conçus et joués pour le jeune public: “Un Trapèze pour deux” en 1989, qui aborde le thème du “grand âge” ; “Chambre rebelle” en 1991 ou les découvertes parentales du jeu des enfants ; “Elie ou le monde à l’envers” en 1994, un message sur l’apprentissage de la différence ; et “Attention fragile” en 1995, regard tendre et complice sur les relations frère-soeur.
On s’en rend compte : les thèmes des spectacles sont en rapport direct avec les grands problèmes de notre société ou avec la vie quotidienne et familiale. “Transhumance” s’investit dans un théâtre de proximité et de qualité qui cherche à explorer toutes les relations humaines avec tendresse.
Un espace culturel
” Tout le monde doit pouvoir venir dans notre ferme, précise Catherine :Ce lieu a essentiellement une vocation culturelle. Ce que nous voulons, c’est un espace qui vive pour la population locale, un petit “ferment” d’espace culturel. Nous sommes d’ailleurs ouverts à toute forme de collaborations: concerts, expos….La seule chose que nous réfutons, c’est l’esprit de commerce. Nous devons assurer notre subsistance familiale mais ce sera à nous de fixer nos conditions. Nous ne prendrons que ce qui intéresse le public.”
La politique de “Transhumance” n’a pas changé, mis à part le fait que l’on soit passé de la vie nomade à cette certaine sécurité que confère la sédentarité. L’idéal, lui, est sauvegardé : toujours ce désir de “porter” le théâtre dans des petits lieux intimes et merveilleux, des endroits qui provoquent les “coups de coeur”.
Aujourd’hui, le projet est lancé. L’inauguration laisse d’ailleurs présager le succès que doit remporter l’initiative. C’est en effet un public nombreux, chaleureux, enthousiaste qui a assisté aux festivités prévues pour cette “Journée en Transhumance”. Il est vrai que l’affiche était alléchante avec l’Ecole du Cirque de Gembloux dans ” La machine infernale”, “Gulliver” par le théâtre Maât et du jazz avec Paolo Radoni et son groupe.

Extrait du Petit Cyrano – Catherine Blanjean, Benoît Postic – Compagnie Transhumance

AVENTURES PARALLELES
Créatrices de spectacles jeunes publics, les compagnies “Théâtre des Quatre Mains” et “Compagnie Transhumance” ont chacune créé le lieu théâtral de leur région. Grâce à ces lieux, le tout public et le public scolaire vit le théâtre; dans un climat convivial, chaleureux, et à proximité!
LA FERME DE LA DÎME
En 93, à la recherche d’une maison pour loger notre famille avec, si possible, un espace pour entreposer le matériel de la compagnie et un lieu de répétitions, nous tombons sur une ancienne ferme en carré munie d’une immense et superbe grange fin 17ème, à Wasseiges.
Nous achetons la maison. Transhumance achète la grange et nous commençons à rêver. Le lieu se prêterait si bien à accueillir des spectacles.
En “pratiquant” la région avec nos enfants, nous nous apercevons qu’il n’y a rien comme infrastructure culturelle, ni centre culturel d’arrondissement (Waremme), ni foyer culturel local, ni salle convenable, ni budget communal : le désert. Les enfants et les familles du coin n’ont ni l’habitude ni la possibilité d’aller au théâtre.
Alors nous nous lançons dans l’aventure de transformer cette grange en salle de spectacle avec les moyens du bord ; un sacré défi quand on pense aux millions dépensés pour certaines infrastructures, mêmes petites. Nous ne disposions que de quelques centaines de milliers de francs, et d’huile de bras!
Résultat: l’inauguration le 14 septembre dernier d’une salle rudimentaire, mais efficace et surtout, tellement pleine d’âme….
Une programmation tout public (5 spectacles). Quelques scolaires pour les écoles de la région, des accueils et du public chaleureux et enthousiaste pour cette première “Saison en Transhumance !
Tout cela avec l’aide du Service de la Diffusion et de la Province de Liège qui acceptent de nous reconnaître comme organisateurs “Art et Vie” et “Théâtre à l’école”.
Nous découvrons qu’il est intéressant d’avoir les trois points de vue : organisateurs, artistes et spectateurs. Des expériences qui se complètent et s’enrichissent. Ainsi, nous essayons d’accueillir les autres troupes comme nous aimons à l’être quand nous tournons, de créer l’ambiance que nous aimons retrouver quand nous sommes du côté public.
Bien sûr tout cela est lourd à porter, car nous continuons notre activité essentielle : créer et tourner nos propres spectacles. Mais ce projet favorise les échanges que nous pouvons avoir avec d’autres artistes et avec un public, et il donne ainsi une nouvelle dimension à notre travail

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